22. Comment croire en l’Amour quand on ne le voit pas ?

L’Amour n’a pas toujours la forme que l’on voudrait lui donner.
Longtemps, je l’ai cherché à l’extérieur de moi : dans les autres, dans les objets que j’achetais pour me sentir « bien ». Ces objets étaient liés à des croyances, à des sensations de plaisir qui venaient masquer une souffrance dont je n’avais même pas conscience.

Comme beaucoup, j’ai appris l’amour à travers des silences.
Des silences hérités, où les pires blessures de l’enfance, d'autres qui  sont parfois transmises de générations en générations, tues, pas expliquées. Alors on finit par croire que l’amour se trouve dans un souvenir, un goût, un moment où l’on s’est senti aimé(e).

Les croyances qui enferment

J’ai grandi avec des croyances limitantes, des pensées parasites.
Elles ont tissé, peu à peu, les barreaux d’une cage invisible. Une cage ouverte… mais dont je ne voyais pas la sortie.

Dans ma quête d’amour et d’estime de moi, une définition m’a profondément marquée, issue du livre de Le meilleur de soi de Guy Corneau :

Estime de soi réaliste :
« Je ne suis pas la personne la plus belle ni la plus intelligente,
mais j’ai des talents à mobiliser pour prendre ma place,
sans prendre celle des autres, ni laisser les autres prendre la mienne. »

Transformer les blessures

Pour avancer, j’ai commencé par regarder mes blessures narcissiques, celles issues de mes traumas d’enfance.
Grâce à des lectures thérapeutiques, j’ai compris que je pouvais transformer ces blessures en forces. Apprendre à m’en nourrir plutôt qu’à me définir par elles.

Puis est venue une autre étape : me reconstruire en tant que femme, et non plus seulement comme mère et surtout de sortir de cette illusion d'être un objet, de plaisir.

Quand on a été agressée enfant, le corps devient un accessoire.
La dissociation protège mais déconnecte de la sensorialité. Elle permet de continuer à fonctionner « normalement », tout en portant une valise pleine dans l’inconscient, qui se remplit au fil des traumas de vie, professionnel.

Retrouver ses émotions

Pour ouvrir cette valise, j’ai utilisé l’écriture, la logothérapie.
Inspirée notamment par les approches cognitives comme celles d’Aaron Beck, j’ai commencé à écrire, à pleurer, à déposer, encrer voire ancrer dans la matière pour transmuter ce qui était stocké à l'intérieur pour le déposer à l'extérieur.

Mes cahiers sont devenus un espace d’accueil :

  • sans jugement
  • sans critique
  • où mes cris pouvaient enfin exister

Peu à peu, ils ont aussi accueilli mes espoirs.

La réalité de la précarité

Mais rêver ne suffisait pas.
J’ai dû revenir à des besoins essentiels : me soigner.

Pendant des années, je n’ai pas pu accéder aux soins. Trop cher. Inaccessible.
Cette idée de « coûter trop cher », je l’avais déjà entendue à presque 18 ans.

Cette phrase, blague anodine en apparence, a construit des schémas puissants :
elle influence les choix, les croyances, les limites que l’on s’impose.

J’en ai tiré une leçon essentielle : faire attention aux mots que j’emploie avec mes enfants.
Même si, comme tout parent, j’ai fait des erreurs. Beaucoup.
Je suis humaine. Et profondément résiliente.

Une violence invisible

Quand on vit dans la précarité, prendre soin de soi devient secondaire.

En France, selon la Fondation de France :

  • 5 millions de femmes vivent la précarité
  • 3 millions d’enfants sont concernés

On parle ici de violence structurelle :
une contrainte qui limite les perspectives d’un individu à cause des systèmes économiques et politiques.

Se perdre dans le travail

Ne croyant pas en moi personnellement ni spirituellement, j’ai tout investi dans le travail.
C’était le seul espace où je pouvais exister, être utile, reconnue.

Comme l’explique Roger Mucchielli, les groupes de travail sont aussi des espaces socio-affectifs. J’y trouvais du lien, une place.

J’y ai cherché mon estime de moi.
Mais mes traumas m’y ont suivie.

Mon corps parlait pour moi :
posture de victime, parfois de sauveuse… toujours tournée vers les autres.
Je m’effaçais. Je me rendais invisible.

Le point de rupture

Puis il y a eu le harcèlement moral.
Des mots répétés : « Vous êtes des incapables » et tristement justifiés par une triade masculine, avec de l'autorité.

À ce moment-là, il ne s’agissait plus de tenir.
Il s’agissait de survivre.

Mais je n’étais pas seule.
Mes enfants étaient là. Et pour eux, je devais continuer.

Redéfinir l’amour

Je voulais qu’ils voient l’amour. Le vrai.
Pas en paroles, mais en actes.

Alors une phrase est devenue mon guide :
« Res non verba » — des actes, pas des mots.

Aimer est un verbe.
Une action quotidienne.

Construire l’amour au quotidien

Jour après jour, j’ai commencé à poser des actes :

  • pour mes enfants
  • pour moi
  • pour ma santé
  • pour mes finances
  • pour mes projets

Ainsi, j’ai rempli ma vie d’amour.

J’ai compris que mon équilibre reposait sur trois dimensions :

  • spirituelle
  • personnelle
  • professionnelle

Comme une forme de « chiralité » intérieure :
trois axes uniques, non interchangeables, mais complémentaires.

Un chemin de transformation

Aujourd’hui, ce chemin continue.
Mes services sont comme des petits cailloux semés pour celles et ceux qui cherchent leur lumière. La voie de l'équilibre By Jess y compris.

À toi qui lis ces mots

Si tu cherches l’amour de toi, sache une chose :

Tout est déjà en toi.
Dans tes choix.
Dans tes actions.
Dans tes silences.
Dans tes paroles.

Le chemin est difficile, parfois chaotique.
Il y aura des retours en arrière.

Mais une chose est certaine :
celui qui cherche finit par trouver.

Tu n’es pas seul(e).
La vie est en toi.
Et elle avance, pas après pas.

Avec tout mon amour,
Jess
Formatrice,
Grande prêtresse et Dragon de mon Unité.