40. Comment est-il possible de culpabiliser d’être soi ?


Une des cicatrices invisibles que laissent les violences intrafamiliales, professionnelles et structurelles (Précarité)


Et voilà, une autre leçon se présente à moi, alors que j’avance un peu plus dans mon équilibre professionnel. Je suis en équilibre dans ma dimension spirituelle, mes croyances limitantes je les « switche » plus facilement en croyances protectrices. Mes pensées parasites, j’ai appris à les transmuter en pensées parades. Merci au psychologue Monsieur Damasio pour cet apport qui m’a aidé à créer ma propre formation, la Voie de l’équilibre.

Et je vais utiliser ma conscience de moi, la première compétence psychosociale, pour me sortir de cette culpabilité qui m’a assez handicapée.

Je n’ai pas eu la vie facile, je sais mais quand même, ce n’est pas pour cette raison que je n’ai pas le droit d’avancer ?!

Eh bien mémoire émotionnelle a encore une attache énergétique dans le passé. Je m ‘explique et c’est du jour, je vis encore à ce jour la précarité. C’est en renonçant à une relation où l’amour n’était pas...en moi, que j’ai payé ma liberté. En réalisant ce choix, je suis rentrée dans le club VIP des mères célibataires. Très vite, je suis rentrée dans un autre club, celui des ménages pauvres ou précaires financièrement, matériellement et sans soutien (Isolées).

Pour les afficionnados des chiffres ou sources, je vous laisse ces liens vers EMMAUS-FRANCE 1qui rappelle que les femmes sont touchées plus durement par la précarité en 2025, et celui vers IPSOS2qui rappelle que les difficultés en lien avec les finances, l’organisation et les solidarités sont plus importantes et c’est en 2012 que cela a été constaté. Selon l’INSEE en avril 2025, il y a 6,2 millions de personnes adultes et enfants, dont 41 % sont confrontés à la pauvreté monétaire et aux privations.

Donc retour à comment est-il possible de culpabiliser d’être soi quand on vit ou après une violence ?


C’est quoi déjà la culpabilité ?

Être coupable pour le dictionnaire le Larousse, oui je l’aime beaucoup, c’est un état où l’on est quand on a commis une infraction, dérogé à une règle. C’est aussi un sentiment de faute ressenti, qu’elle soit réelle ou perçue.

C’est de ce sentiment que je parle. Celui que j’ai ressenti en fuyant un foyer où je mourais sans amour. C’est celui ensuite que j’ai fui, car je ne m’aimais pas. C’est avec ce même sentiment que j’ai renoncé à un emploi payé comme cadre et qui pourtant m’a renvoyé dans les filets des traumas de mon enfance, après une situation de harcèlement carabinée envers mon équipe et moi.

C’est de ce sentiment dont je vous parle, parce que j’ai renoncé à ma vie professionnelle pour faire au mieux pour mes enfants. J’ai renoncé à ma vie, sociale, sexuelle, mentale, et même physique pour ne plus être que mère. Je ne pouvais faire plus, mon passé débordait à chaque interaction, je ne pouvais faire au mieux qu’avec mes enfants. Je vous rassure, je suis comme tout le monde je me suis plantée aussi.

C’est ce sentiment qui m’a hantée, quand j’ai osé m’octroyer un niveau Bac à 41 ans, alors que ma mère n’avait pas été en 3ème. J’en ai pleuré de cette légitimité familiale. C’est ce sentiment qui aujourd’hui encore me turlupine quand j’ose demander de l’aide pour que mon fils ai de quoi mangé, car je ne peux pas toujours finir les fins de mois avec un frigo plein du nécessaire.

C’est enfin ce sentiment qui me brûle d’oser montrer ma volonté d’aller de l’avant malgré tout pour mon projet professionnel, mon entreprise, mon rêve réalité, celui où le bien-être fait parti intégrante des projets de vie et professionnel.

Parce que pour arriver là, j’ai travaillé, appris, renoncé à ma haine, échoué lamentablement, réessayé malgré tout après avoir pansé, pensé mes blessures.

Voilà ce qu’est la culpabilité, de n’être « que »moi.

Pourquoi je ressens encore ça aujourd’hui ?

Pour vivre mon rêve réalité un peu plus et enfin vivre de mon rêve, parce que c’est un peu ça le but, j’ai besoin de me montrer plus. Là, je tape dans mon authenticité, ma vulnérabilité. Après des violences, la tendance, c’est plutôt de se recroqueviller pour se restaurer de l’intérieur. C’est ce que j’ai fait durant des années, j’y ai laissé mes addictions au tabac et à l’alcool avec plaisir mais pas sans efforts ou rechutes, c’est vivant ce processus. Un deuil n’est jamais facile, dire au-revoir à ce qui m’avait rassurée pendant des années, a pris du temps. C’est le travail, en accéléré ici, que j’ai réalisé dans ma dimension personnelle.

Ensuite, il y a eu mon obésité, cette carapace qui m’a permis de sécuriser mon corps et de fuir à l’intérieur. Je m’y suis retrouvée et un jour à la fois, j’ai osé en sortir. Qu’est-ce que j’ai pu transpirer, me sentir mal à l’aise dans mes maillots de bain, mais je ne pouvais priver mes TrésOrs d’aucuns plaisirs accessible €. Je m’en suis sortie, mais j’ai encore des pics de stress qui tentent de me renvoyer dans ma faim émotionnelle (Bénédicte Le Panse, Docteure physiologie). Je me débrouille plutôt bien et j’aime aujourd’hui prendre soin de mon corps. Cette silhouette retrouvée me donne confiance en moi, je m’incarne comme celle que je veux être.

Là le point sensible se pointe, ma dimension professionnelle. Et oui, dans ce domaine il y a un besoin beaucoup plus prégnant que partout ailleurs, la reconnaissance. C’est par mes compétences, mes connaissances, mes savoirs, mes savoirs-faire et mes savoirs-être que je suis reconnue ou pas. Sauf que, des traumas cela laisse des traces neurologiques, sociologiques, économiques et pour en rajouter affectivement aussi.

Je crois que je ressens cette culpabilité parce que je suis différente. Je suis humaine, mais j’ai vécu des expériences qui ont forgées celle que je suis. J’apprends chaque jour à évoluer et je réussis, à ma vitesse et les moyens à ma disposition.

Je culpabilise de ne pas être comme les autres, même si je sais que c’est ma force face à nos défis communs. Je culpabilise de parfois être trop moi, trop créative.


Mais je viens de me rappeler pour quoi je suis là, pour qui

Je veux rappeler à l’Humain qu’il est Puissant car Résilient. Je veux que chaque personne que j’accompagnerais puisse se dire, malgré son passé : "Je en suis peut être pas la plus belle personne ou la plus intelligente mais j’ai des talents et je compte bien les utiliser pour prendre ma juste place, sans prendre celle des autres mais sans laisser aux autres prendre la mienne". C'est ça avoir de l'estime de soi et en action, c'est de la confiance en soi et c'est ce que je me donne chaque jour.

Ce que je porte en mon coeur c’est la conviction que rien ni personne ne peut nous ôter notre valeur, cet or qu’est notre équilibre intérieur.

Je partage ce que j’ai appris, à chaque un, une, de voir quand mes offres seront les bienvenues dans leur défi. Pour oser ne plus culpabiliser d’être qui nous sommes.