4. Victime de violence au travail… et encore en colère contre moi ?
Quand la résilience passe du mental au cœur
Pas seulement parce qu’elles sont injustes… mais parce qu’elles viennent réveiller quelque chose de plus ancien en nous.
Aujourd’hui, je veux partager avec vous une part de mon chemin.
Un chemin inconfortable, mais profondément transformateur.
Comprendre ce que j’ai vécu
Elles prennent différentes formes :
Le harcèlement moral : une dégradation progressive des conditions de travail, qui atteint la dignité, la santé et la confiance.
Le harcèlement sexuel : des comportements ou propos qui créent un climat humiliant ou intimidant.
Les agressions physiques ou verbales : plus rares, mais bien réelles.
Ce que je n’avais pas vu : je n’étais pas “neutre”
Mais avec du recul, je comprends quelque chose d’essentiel :
- Je n’étais pas arrivée en tant que professionnelle
solide.
- J’étais arrivée avec mon histoire.
- Une histoire où je n’avais pas toujours trouvé ma place.
- Une
histoire où être choisie ressemblait à une reconnaissance…
presque à une réparation.
Pourquoi cette colère contre moi ?
C’est la question qui m’a longtemps troublée.
Pourquoi, après avoir été victime…je ressens encore de la colère contre moi-même ?
La réponse ne se trouve pas uniquement dans le mental.
Elle se trouve dans un processus émotionnel profond, décrit notamment par Elisabeth Kübler-Ross.
Traverser les étapes… sans les fuir
Face à une violence, nous traversons un véritable processus de deuil :
- - Le choc – sidération, anesthésie
- - Le déni – “ce n’est pas possible”
- - La colère – contre les autres… puis contre soi
- - Le marchandage – “si j’avais fait autrement…”
- - La tristesse – vide, douleur profonde
- - La résignation – perte d’élan
- - Et enfin… la résilience
Ce que j’ai compris :
- Je n’étais pas “bloquée”.
- J’étais en train de vivre une étape.
Mais cette colère contre moi révélait autre chose.
La clé : mes besoins non nourris
En me reconnectant à la Communication Non Violente (CNV), j’ai changé de regard.
La colère n’est pas un problème.
C’est un signal.Un signal qu’un besoin fondamental n’a pas été respecté.
En lien avec la pyramide de Abraham Maslow, plusieurs besoins étaient touchés :
- - Besoin de sécurité → environnement instable, insécurisant
- - Besoin de reconnaissance → humiliation, dévalorisation
- - Besoin d’appartenance → isolement, rejet
- - Besoin d’estime → atteinte à mon identité professionnelle
- - Et surtout…Un besoin profond de respect de moi-même
Ce basculement essentiel
Pendant longtemps, j’ai essayé de comprendre. Analyser. Rationaliser. Expliquer. C’est le traitement cognitif.
Mais la résilience ne s’active pas uniquement dans la tête.Elle s’active quand je me demande :
- - Qu’est-ce que je ressens vraiment ?
- - De quoi ai-je eu besoin à ce moment-là ?
- - Où me suis-je abandonnée moi-même ?
Ce que la colère m’a appris
Ma colère contre moi n’était pas une faiblesse. C’était une invitation.
- À reprendre ma responsabilité émotionnelle
- À sortir du rôle de victime… sans nier la violence subie
- À reconstruire une relation plus juste avec moi-même
Elle me disait :
“Tu mérites mieux. Tu peux te choisir.”
Activer sa résilience dans le professionnel
Elle consiste à :
- - Nommer ce qui a été vécu sans minimiser
- - Accueillir les émotions sans jugement
- - Identifier ses besoins avec honnêteté
- - Reposer des limites claires
- - Se repositionner en tant que sujet, et non objet de la relation
Et surtout…
- Se redonner de la valeur indépendamment du regard de l’autre
Ce que je choisis aujourd’hui
- - Je ne nie pas la violence.
- - Mais je refuse qu’elle définisse ma valeur.
- - Je ne suis plus seulement celle à qui c’est arrivé.
- - Je suis celle qui transforme.
Pour vous, qui me lisez
Et que vous ressentez encore de la colère contre vous :
- - Ce n’est pas incohérent
- - Ce n’est pas une régression
- - Ce n’est pas une faiblesse
- - C’est un passage.
